Le Samedi 30 Mai 2015 à la médina de Tunis, en présence d’un public nombreux venu pour fêter les 80 ans de la Rachidia, pour la première fois la troupe musicale boussaidienne Al-Manga, composée d’une vingtaine de choristes spécialisés dans l’interprétation du mjarrad (le mot tire son origine de l’arabe et signifie littéralement « dépouillée » des instruments de musique), a proposé son récital. Sous la conduite de Mohamed Farouk Chlagou, la troupe Al-Manga, nom qui signifie « al dokkana », ces fameux bancs en dur qui se trouvent habituellement dans les bains et les cafés maures, dans des commerces traditionnels et surtout dans les « zawiyas » (mausolées), a fait voyager toute l’assistance dans un monde de recueillement et mysticisme. Les litanies pleines de prières, d’invocations et de supplications de la « issawiyya » commencent par une section vocale qui est accompagnée uniquement par des battements de mains reproduisant ainsi un seul cycle rythmique à cinq temps qui, très lent au début, devient au fur et à mesure de plus en plus rapide, et même endiablés jusqu’aux transes. Une performance qui se veut une purification de l’âme, des sentiments et une aspiration à une sérénité supérieure, consacrant ainsi une tradition locale que les habitants de #Sidi_Bou_Saïd, avec beaucoup de passion et de dévotion, pérennisant ainsi le travail de cheik Amor Amrouch, cheikh Aly Hadad et cheikh Salah Aansari, tiennent à préserver. Et c’est plutôt réussi jusqu’ici.





Laisser un commentaire